Voyager pour plonger, ou comment détruire ce qu’on veut tous préserver

Voyager pour plonger, ou comment détruire ce qu’on veut tous préserver

Attention, sujet hautement inflammable ! Travaillant moi-même dans le secteur de la plongée, certains diront que je me tire une balle dans la palme en écrivant cet article. Le ton y est parfois volontairement tranchant. Ces quelques lignes contribueront au moins, je l’espère, à ouvrir le débat et à revoir pour certains d’entre nous nos pratiques.

Plongée sous marine : le grand paradoxe

Ah la plongée sous marine… Nul ne niera qu’il s’agit d’une activité formidable pour éduquer à l’environnement marin et qu’elle peut être un moteur pour sa préservation. En tant qu’instructrice, je prends toujours un plaisir immense à voir l’émerveillement des personnes de tous âges et tous horizons qui découvrent pour la première fois ce qu’il y a sous la surface. La plongée sensibilise, dans la mesure où elle fait appel à nos sens et transforme notre vision du monde. Une personne qui plonge régulièrement développe peu à peu ses connaissances en biologie, apprend patiemment à observer et reconnaitre les espèces qu’elle croise sous l’eau et à comprendre de quelle manière elles interagissent. Elle s’enrichit au contact du milieu marin mais aussi des autres pratiquants. Activité d’initiés il y a plusieurs dizaines d’années, la plongée s’est plus récemment démocratisée. Une avancée pour les fonds marins ? Pas si sûr…

J’ai observé qu’il existait souvent un décalage important entre la perception qu’a un plongeur de l’impact de son activité et son impact réel. La plupart d’entre eux se disent « responsables ». Beaucoup sont ravis de montrer qu’ils utilisent désormais une gourde pour limiter leur consommation de plastique, font plus attention à leur alimentation, ne rechignent pas à ramasser des déchets sur la plage, ou encore partagent leur souhait de vouloir apprendre à bouturer et replanter du corail pour contribuer à préserver les récifs…. Ces éléments peuvent être interprétés comme des signaux positifs, car ils indiquent que la préoccupation pour l’écologie est croissante. Pour autant, très peu sont les plongeurs à remettre en question ce qui constitue de loin le point noir de leur activité : son caractère presque indissociable de l’idée de « voyager pour plonger ». Promus par une industrie de la plongée coincée entre la conscience des enjeux (quand elle existe) et ses nécessités économiques, les voyages de plongée présentés comme une normalité constituent une véritable aberration environnementale.

A l’image de notre monde où nous exigeons de vivre des expériences à la chaine et si possible instagrammables, la plongée est souvent perçue comme une liste à cocher. Il faut absolument « avoir vu tel endroit », « avoir déjà plongé avec tel animal ». En témoignent les blogs et revues qui proposent régulièrement des classements des « sites de plongée à voir dans sa vie ». « Tu as fait les Galapagos toi ? » est une phrase habituelle dans le milieu, pendant que la croisière en Mer Rouge ou le voyage aux Maldives est perçu comme un must répété parfois annuellement. Il y a « du gros » à voir à Fakarava ? Tous à Fakarava ! Ces voyages ont été complètement normalisés, y compris chez les néophytes qui me demandent : « A quels endroits du monde est-ce que tu as déjà plongé et qu’est-ce que tu me conseilles ? » En général j’esquisse un sourire : j’aime cette question car j’en profite toujours pour glisser ce qui suit…

Il est vrai que j’ai eu la chance de voyager, mais finalement relativement peu si je me compare à nombre de plongeurs réguliers. Par ailleurs quand j’ai réalisé ces voyages, je n’étais pas forcément consciente de l’impact qu’ils pouvaient avoir. Aujourd’hui, si on me proposait de partir pour une semaine tous frais payés aux Maldives (où je ne suis jamais allée), ma réponse serait un non catégorique. Avant de poursuivre, sachez que je ne prétends pas être un exemple et ne prône pas l’abolition du voyage. En revanche, j’estime que la maitrise de certains ordres de grandeur nous oblige à reconsidérer très sérieusement nos choix et habitudes.

Chiffrer l’impact de son voyage

Je n’évoquerai dans cette prochaine partie que ce qui constitue l’impact principal des voyages de plongée, à savoir le transport nécessaire pour se rendre sur site. Peu sont les plongeurs qui partent aux Caraïbes en voilier vous en conviendrez.

Pour rappel, les objectifs climatiques pour rester sous les deux degrés de réchauffement à l’échelle planétaire son quantifiés et notamment traduits en « tonnes équivalent CO2 ». Un français moyen émet 11,5 teq CO2 par an quand l’objectif climatique doit nous faire descendre rapidement à 2 tonnes. Le site de vulgarisation Bon Pote est une mine d’informations pour qui souhaite creuser ces sujets.

Ordre de grandeur cover

Je me suis amusée à calculer les émissions induites par le transport en avion vers différentes destinations souvent sollicitées par les plongeurs. J’ai pour ce faire utilisé le site climatMundi, mais sachez que d’autres simulateurs vous donneront des résultats similaires.

J’en vois déjà qui se disent « Oh elle nous saoule celle-là, on va quand même pas s’arrêter de vivre ! ». Désolée de vous le dire mais balayer d’un revers de main de telles données prouve que vous n’avez pas vraiment pris la mesure des enjeux.

On ne devrait même pas se poser la question : il est évident que dans une France qui aura divisé ses émissions de gaz à effet de serre par 4, il n’y aura plus d’avion – on ne peut pas y arriver si on conserve le transport aérien. De nombreuses questions de ce type se posent. Le fait qu’il y ait encore ce genre de débats montre bien que l’on n’a pas réalisé ce que veut dire diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre. 

François-Marie Bréon, climatologue et auteur du cinquième rapport du GIEC, en audience à l’assemblée nationale en juillet 2019

Vivre n’exige pas de partir chaque année à un point différent du monde pour plonger. Il faut bien avoir conscience que ce loisir est globalement réservé à une classe de privilégiés (même si vous n’aurez pas forcément l’impression d’en être). Rappelons à cet effet que le changement climatique impacte en priorité les personnes les plus vulnérables alors que les responsabilités sont loin d’être également réparties. Je vous laisse observer le graphique ci-dessous très parlant : il présente les émissions annuelles de CO2 par poste d’émission en fonction des revenus des citoyens de l’UE. La différence entre les hauts revenus et les bas revenus est frappante tout comme la place prise par le transport aérien.

https://twitter.com/diana_nbd/status/1280177349582077952?s=20

Aparté nécessaire. Je tiens à préciser que je ne souhaite surtout pas entrer dans une logique réductrice de culpabilisation individuelle qui occulterait la nécessité d’agir à un niveau supérieur. Je suis bien entendu consciente que notre trajectoire dépend essentiellement du monde dans lequel nous évoluons (incluant nos gouvernements, grandes entreprises…), malgré nous. Pour autant, l’urgence de la situation doit nous interdire de penser que « tant que cela ne changera pas en haut je ne ferai rien » car un tel raisonnement est le meilleur moyen de sombrer dans l’inaction et l’apathie, et de mettre à distance notre propre responsabilité. Action individuelle et action collective sont absolument indissociables. L’écologie démarre généralement par l’échelle individuelle, mais soyons bien clairs que sans lutte plus large cela restera du jardinage. Nous vivons dans un système capitaliste mortifère qui broie l’humain et la planète tout entière. Il nous conduit désormais droit dans le mur, et en chantant, en nous abreuvant de fausses promesses techno-solutionnistes pour assurer sa survie. A nous de mettre en œuvre les moyens en notre pouvoir pour en limiter les dégâts, même quand les leviers semblent minces. Plus encore, j’irai jusqu’à dire qu’il y a une forme de dignité à agir, une fois qu’on sait. Sur ce sujet je vous invite à lire le formidable petit essai de Corinne Morel Darleux, plutôt couler en beauté que flotter sans grâce.

Mais au fait, c’est quoi le lien entre émissions de gaz à effet de serre et océans ?

Je ne compte pas développer ce sujet dans cet article mais cela est absolument essentiel à comprendre. La Plateforme Océan Climat et l’Institut océanographique de Monaco disposent d’excellentes ressources. Ci-dessous une infographie simple pour faire le lien entre climat et océan. Je ne donnerai qu’un exemple assez emblématique : en 40 ans, 40% des récifs coralliens ont disparu et si on continue sur notre lancée, c’est-à-dire si nous atteignons rapidement les +2°C, il n’y en aura plus à horizon 2050, soit dans moins de 30 ans, avec toutes les conséquences désastreuses qui accompagnent une telle perte.

Institut océanographique de Monaco

Et nous n’avons même pas évoqué l’impact de notre présence sur des sites qui mériteraient pour beaucoup d’être sanctuarisés ! Impact sonore des bateaux et consommation d’hydrocarbures associée à leur fonctionnement, pollution de nos crèmes solaires déversées dans des lieux sensibles, impact de nos interactions avec la faune et la flore, et j’en passe… Dans certaines zones massifiées et trop peu réglementées on touche au pire, mais ne pensez pas que les endroits réputés « plus verts » soient en reste. Savez-vous par exemple que l’Unesco classe le tourisme comme une menace majeure pour les iles Galapagos au même titre que la pêche illégale ou les espèces invasives ? Le tourisme « éco-responsable » est bien souvent un mirage. Disons qu’il limite les dégâts. Il permet parfois de sensibiliser et de financer des programmes de préservation de l’environnement. Mais au fond, à quoi bon faire venir des touristes dans un endroit pour leur expliquer une fois sur place que le tourisme est un danger ? Certains répondront qu' »on protège ce qu’on connait », mais connaitre ne nécessite pas de voir mais de comprendre les enjeux et de ressentir. Éduquer à l’environnement peut se faire de multiples manières sans avoir besoin d’emmener les touristes au bout du monde. Quand on cherche à voir des « récifs coralliens qui n’ont pas encore blanchi », on accélère justement leur blanchissement. Quand on part aux Maldives, on contribue à la disparition de l’archipel qui sera l’un des premiers territoires touchés par la montée des eaux. Ce phénomène croissant qui consiste à vouloir voir les vestiges d’une biodiversité ou de paysages en train de disparaitre porte un nom : le « tourisme de la dernière chance ». Vous trouverez un exemple très concret sur le site suivant qui propose des expéditions de plongée au Svalbard en Arctique. Lisez et vous verrez.

Donc, si on résume, notre activité de plongeur consiste dans beaucoup de cas à partir loin, et si possible dans des endroits encore préservés, pour voir des merveilles qu’on contribue à détruire parce qu’on a justement voulu les voir ? C’est à peu près ça. Quand on est conscient des enjeux, ces voyages n’ont-ils pas quelque chose de profondément indécent ?

Pour un renouveau de notre rapport à la plongée

Mais alors que faire ? Je sais bien que le problème n’est pas simple, surtout quand nombre d’endroits comptent sur ce tourisme pour vivre. Il est également vrai que certains espaces maritimes ont pu être préservés précisément grâce au tourisme de la plongée. Néanmoins, ces deux sujets pourraient être présentés sous un autre angle. Pour le premier : est-il normal que des territoires se retrouvent entièrement dépendants du tourisme ? Ne faudrait-il pas les aider à sortir de cette dépendance ? Pour le second : pourquoi considérer que des espaces d’une grande valeur écologique ne pourraient être protégés que s’il y a un intérêt financier à le faire ? Il y aurait là de quoi discuter pendant des jours…

Quoiqu’il en soit, il est urgent de revoir notre rapport à la plongée si nous voulons pouvoir qualifier nos vacances dédiées à cette activité de « durables ». Cela passe par différents points que je me propose de développer.

  1. Plonger local et de saison
  2. Mettre en perspective nos besoins
  3. Changer de regard sur la plongée

PLONGER LOCAL ET DE SAISON

« Local et de saison », on pourrait penser que je parle de l’achat de fruits et légumes… Pourtant ce n’est pas de moi, il s’agit ici de la recommandation d’un rapport récent du WWF en partenariat avec le ministère des sports. Retrouver une pratique locale et de saison pour limiter les déplacements constitue l’un des moyens principaux de lutte contre le changement climatique dans le monde du sport. Précisons que la FFESSM a fait la promotion de ce rapport au moment de sa sortie, mais n’a, sauf erreur de ma part, pas pris position sur ce sujet en particulier qui serait pourtant le point le plus important à adresser pour verdir la pratique de ses adhérents… Dommage !

Adopter une pratique sportive locale et de saison peut permettre de réduire de manière significative l’impact de la pratique sportive sur l’environnement. En effet une pratique locale permet de réduire les déplacements souvent fortement émetteurs de gaz à effet de serre. Adopter une pratique sportive de saison sous-entend d’accepter une certaine saisonnalité des pratiques sportives, des conditions de pratiques et des sites de pratique.

Rapport WWF « Dérèglement climatique : le monde du sport à +2°C et +4 °C », 2021

En France, nous avons la chance de bénéficier d’un espace côtier très riche et de nombreux clubs et centres de plongée prêts à nous accueillir. La première des choses est de leur rendre visite en priorité lorsque vous souhaitez pratiquer votre activité. Bien entendu quand on habite en France métropolitaine, cela signifie parfois abandonner l’idée de plonger en hiver, et surtout celle de plonger dans une eau à 30 degrés même l’été.

METTRE EN PERSPECTIVE NOS « BESOINS »

Il faut repenser le voyage, apprendre autant que possible à partir moins loin, plus longtemps, et surtout beaucoup moins fréquemment. Pour certains, cela suppose une frustration immense. Quand on s’est habitué à partir chaque année voir des espèce incroyables qu’on ne verra jamais ou beaucoup plus difficilement ailleurs, il est compliqué d’y renoncer.

Tout le monde se dit écologiste jusqu’à ce que cela implique d’agir et de renoncer à quelque chose.

Paul Watson, fondateur de l’ONG Sea Shepherd

Je comprends, mais peut-être faut-il revenir à l’origine de cette frustration pour pouvoir la mettre à distance. On nous vend partout le voyage de plongée comme une norme. Des influenceurs organisent des concours pour gagner des séjours d’une semaine à l’autre bout du monde. On nous encourage à penser qu’il est important d’avoir « tout vu et tout fait ». Les réseaux sociaux nous incitent à partager nos belles photos de vacances, la rencontre avec les raies manta à tel endroit, celle avec le requin marteau à tel autre… Vous n’avez jamais plongé avec des requins baleine ? Il faudrait y remédier dès que possible ! Apprenons à voir le monde avec plus d’humilité : ce n’est pas parce qu’on est en capacité de tout voir qu’il nous faut tout voir. Le monde ne peut plus être vu comme un territoire à dominer et à explorer, il est désormais d’abord un endroit menacé à préserver, y compris si cette préservation implique de renoncer à ce qui n’est au fond qu’une jouissance égoïste.

Il est urgent d’intégrer que nos choix de destination sont loin d’être neutres. Il faut comprendre quels sont leurs impacts pour ne pas tomber dans le piège consistant à penser qu’il suffit de diminuer son empreinte sur un autre sujet pour compenser. Ce n’est pas le fait d’utiliser une crème solaire écologique, de signer des pétitions ou de prendre quelques jours pour replanter du corail qui atténuera l’empreinte de votre voyage au bout du monde. Ce n’est pas non plus le fait de payer plus cher votre billet pour « compenser les émissions carbone » qui empêchera votre avion de polluer. C’est tout simplement faux. Et si vous être partisan du « foutu pour foutu », mettez-vous en tête que chaque centième de degré en plus aura de lourdes conséquences. Je répète : personne n’a « besoin » d’aller plonger à tel ou tel endroit. Le vrai besoin aujourd’hui c’est celui de limiter le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité. Si malgré tout vous n’êtes pas prêt.e à renoncer à l’appel de l’exotisme, partez moins loin. Et bien entendu, continuez à privilégier des destinations qui une fois sur place vous permettent de limiter votre impact (on retombe ici sur le sujet de l’écotourisme).

CHANGER DE REGARD SUR LA PLONGÉE

Ce dernier point est sans doute le plus important. Si nos envies de découverte sont réelles, on se trompe souvent sur les moyens d’y répondre. Ce qui nous pousse à voyager pour plonger aux quatre coins du monde, c’est souvent la sensation qu’il n’y aurait pas à côté de chez nous de quoi nous rassasier. Je crois qu’il s’agit là de la plus grande erreur que nous pouvons commettre quand on plonge. Une plongée ne vaudrait donc la peine que si on croise des espèces imposantes et nouvelles ? Il faut apprendre à changer le regard sur nos immersions, et vous verrez alors que répéter pour la millième fois la même plongée peut être aussi riche que le fait d’explorer un nouveau site au bout du monde.

Beaucoup de personnes plongent pour « voir quelque chose ». On va à tel endroit parce qu’on est à peu près sûr d’y voir telle espèce. On essaye d’abolir le caractère imprévisible de la rencontre, alors que c’est justement cela qui en fait la beauté. Et dans le cas où cette rencontre tarde voire si elle n’a pas lieu, cela génère une frustration supplémentaire. Combien de fois ai-je eu affaire à des clients mécontents de ne pas avoir vu au cours de leur séjour l’espèce qu’ils étaient justement venus voir, ou encore des clients déçus parce qu’ils en attendaient « plus », surtout en comparaison avec d’autres sites où ils ont déjà eu l’occasion de plonger… Prendre du plaisir à chaque plongée exige de vivre l’instant présent sans avoir d’attente particulière. Cela peut parfois donner lieu à de belles surprises et surtout, cela est nécessaire pour pouvoir se mettre à l’écoute du vivant et (ré)apprendre à s’émerveiller devant ce qui peut sembler insignifiant au premier abord.

Mes plus beaux souvenirs de plongée consistent en des moments qu’on pourrait qualifier d’anodins : tel poisson broutant les algues, tel autre se servant du relief que lui offrait le fond pour chasser. La différence fondamentale, c’est qu’à ces instants j’ai pris le temps d’observer, j’ai pu saisir des fragments de vie de ce monde sous marin et accéder un bref instant à sa compréhension. Dans ces moments je regarde les êtres vivants qui m’entourent comme des individus à part entière, et non comme de simples représentants de leur espèce au nom scientifique parfois compliqué. D’observatrice extérieure, je deviens un être présent au même titre que les autres, qui essaye de se mettre dans leur peau. On découvre alors que toutes les êtres vivants sans exception méritent notre attention. Qu’il n’y en ait qu’un seul ou qu’ils soient mille, on expérimente leur altérité proprement fascinante. Sur le sujet de notre rapport au monde vivant, je vous encourage à lire ou écouter le philosophe Baptiste Morizot. J’ai récemment terminé « Sur la piste animale » et j’y ai trouvé des paragraphes qui décrivaient parfois avec puissance mon expérience de la plongée.

Il y aurait encore beaucoup à dire ! La plongée n’est en tout cas pas la seule activité à faire face à ce paradoxe. C’est le cas plus globalement de toutes les activités « nature » qui encouragent les pratiquants à explorer le monde pour varier les lieux de pratique : escalade, alpinisme, ski, trekking ou encore surf. Heureusement la prise de conscience est là et un nombre croissant d’athlètes de ces disciplines s’expriment sur ce sujet. Dans le milieu de la plongée, je rencontre davantage de plongeurs conscients des enjeux et prêts à faire des concessions pour la planète. Et vous ? Je conclurai sur les mots de l’américain Greg Hill interrogé dans le journal l’Equipe sur la compatibilité de son activité d’alpiniste professionnel avec les enjeux écologiques : « Rien que d’y penser c’est un premier pas, réfléchir aux différentes options (…) Si tu vis en France, pourquoi aller skier au Japon ? Tu peux avoir d’aussi belles aventures ici, autant de souvenirs… C’est sûr, on ne peut pas être parfait, mais il ne faut pas avoir peur. Il faut déjà changer notre manière de penser. »

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